2012 : des primaires pour toute la gauche

 

Par SUSAN GEORGE Ecrivain, STÉPHANE HESSEL Ambassadeur de France, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme., PIERRE KHALFA Syndicaliste, WILLY PELLETIER Sociologue, PATRICK VIVERET philosophe

A près de 20%, nous appelons à une insurrection civique contre le Front national et ses alliés de rencontre. La situation est extraordinaire. Le microcosme politique suit son cours ordinaire réduit souvent, hélas, au choc des ambitions personnelles, des carrières, des concurrences stériles, déjà vues. Ce n’est pas à la hauteur. Nos engagements diffèrent. Certains votent socialistes, d’autres écologistes, communistes, NPA. Certains dirent «oui» au traité instituant la Communauté européenne, d’autres «non». Certains viennent de la deuxième gauche, d’autres s’y opposèrent. Le passé doit être dépassé.

Le vote FN augmentera si ne sont pas traitées ses causes : le chômage de longue durée, la réclusion en HLM délabrées, les fins de mois qu’on ne boucle plus, l’échec scolaire, l’impossibilité d’échapper à une condition plus dégradée qu’hier qui avive la guerre des pauvres contre de plus pauvres qu’eux. Rien ne se fera sans déplacer vers les salaires et les services publics la richesse produite détournée vers les profits et le privé.

Les forces de transformation écologiques, sociales, politiques doivent, avant 2012, prioritairement redonner espoir aux milieux populaires. Elles ne le feront et ne feront, par là, reculer le FN, qu’en se dépassant toutes, grâce à un dispositif inédit. Il ne s’agit pas de gommer les différences voire les vraies divergences. Il s’agit de les traiter afin qu’elles ne deviennent pas destructrices. La situation l’exige.

Nous suggérons une procédure pour éviter à la gauche tout risque de ne pas figurer au second tour en 2012. Il s’agirait d’organiser après le choix de leurs candidats et programmes par les différentes familles socialiste, écologiste, communiste, alternatives… une série de débats communs destinés à cerner les objets d’accord et de désaccords. Puis d’offrir la possibilité lors de «primaires communes» sur le contenu des programmes, en décembre, à tout le peuple de gauche de hiérarchiser les propositions qui vaudraient programme d’action sur le quinquennat. Il faudrait ensuite choisir une procédure pour désigner un ou une candidat(e). Mais d’abord le programme décidé tous ensemble puis le ou la candidat(e) qui le porte !

Il y a, en même temps, ce qui dépend de nous. Directement. Sans déléguer. Pour faire reculer la peur et l’isolement qui alimentent le FN, nous allons partout en France, chaque semaine, monter des apéros «pour vivre ensemble», des banquets pour vivre ensemble, des barbecues pour vivre ensemble. C’est «cucul» ? La peur vient de l’éloignement. Quand nous sommes au plus près, partageant soucis et craintes, nous nous sentons vite semblables et s’évanouissent les fantasmes. Il s’agit banalement de «prendre un pot». Chacun de ces pots sera pour le FN, un pot de départ.

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