Aéroport de Notre Dame des Landes: la fracture PS- Vert

 NANTES – « Déménager l’aéroport de Nantes : un choix raisonné et responsable ». Sous ce titre sans ambiguïté, les  socialistes de la région viennent de réaffirmer, dans une tribune publiée par Le Monde (15 février), leur volonté de faire aboutir le projet de Notre-Dame-Des-Landes. Un tir de barrage qui vise leurs alliés d’Europe Ecologie. 

 Signé par Jacques Auxiette, président de la « région »des Pays de la Loire, Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes, président de Nantes Métropole, Daniel Delaveau, maire de Rennes, président de Rennes Métropole, Jean-Yves Le Drian, président de la région administrative Bretagne, et Patrick Mareschal, président du conseil général de la Loire-Atlantique, le texte rappelle la position des élus PS pour qui ce « projet de transfert de l’aéroport est un choix raisonné et responsable…». Convaincus que « les avions ne vont pas s’arrêter de voler demain… », ils soulignent que « l’accessibilité aérienne est un facteur majeur de développement économique. »

 Qualifiés de « partisans de l’immobilisme…semblant considérer que le trafic aérien est la cause unique et majeure du réchauffement climatique mais surtout, plus radicalement, pour promouvoir un modèle social basé sur le refus de toute forme de progrès et le repli sur soi», leurs alliés d’Europe Ecologie-les Verts en prennent pour leur grade. Et les signataires d’enfoncer le clou : «  Nous ne pouvons admettre une logique de régression qui pénaliserait les régions où nous vivons et travaillons, leurs habitants, leurs entreprises et leur avenir et celui de notre pays. »

Pour le PS « une logique de régression » 

Pas contents du tout, les Verts crient à la caricature. « Si les socialistes sont vraiment sur cette position, c’est grave. Il ne sera pas facile de construire ensemble un projet commun pour 2012 » affirme dans Ouest-France, le conseiller régional Jean-Philippe Magnen, qui remarque naïvement qu’il croyait «  qu’il était possible de réfléchir à un autre type de croissance, à un autre modèle que celui qui nous a conduits dans le mur. » Avec les socialistes, cela semble aujourd’hui bien compromis. Si sur les questions « sociétales » (famille, éducation, sécurité, immigration etc.), les deux formations s’accordent volontiers, pour le reste les divergences de fond semblent aujourd’hui l’emporter largement.

 Les Verts n’ont jamais fait mystère de l’importance qu’ils accordent au dossier Notre-Dame-Des-Landes. Celui-ci constitue une priorité dans les négociations avec le PS pour la future élection présidentielle. Selon certains, la tribune du Monde aurait donc eu pour objectif, de la part des signataires, de verrouiller le projet auprès de la direction du PS. 

 Partagés entre leur nécessaire alliance électorale avec les socialistes (pour obtenir des places), et leurs convictions idéologiques (pour obtenir des voix), les Verts sont décidément dans une position difficile. Des convictions ou des intérêts, qui l’emportera ?

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