Copenhague: «La gouvernance mondiale n’est pas pour demain»

 

Le sommet de Copenhague se dirige vers un accord politique à minima. Pourquoi? Le point avec Laurence Rossignol, secrétaire nationale à l’environnement.
Les négociations à Copenhague sont entrées dans leur phase décisive, avec l’arrivée jeudi des quelques cent quinze chefs d’Etat et de Gouvernement. L’issue du sommet semble définitivement compromise, au vu des crispations de plus en plus rédhibitoires entre le Nord et le Sud. Elles se cristallisent sur la question du fusion entre les deux textes de négociations: sur le protocole de Kyoto et sur l’action de coopération à long terme.

Les pays en développement souhaitent que les deux démarches restent dissociées, et refusent d’être contraints à des engagements, que ce soit en terme d’objectifs chiffrés ou  de la transparence des mesures. D’autant que le texte sur la coopération à long terme est un projet d’accord sans aucun chiffres: ni montant des  réductions d’émissions, ni financements à moyen et long terme.

Les désaccords entre les pays sur le cœur des négociations semblent trop nombreux pour aboutir à un accord contraignant. On se dirige actuellement vers une déclaration politique a minima, qui fixe un agenda pour les prochaines négociations, et en particulier concernant l’adoption des deux textes cités, dans les six mois/un an à venir.

Le sommet de Copenhague semble devoir se conclure sur un accord a minima, qu’est-ce qui a bloqué?
Laurence Rossignol.
C’est d’une part la réticence des pays industrialisés à prendre des engagements forts pour eux-mêmes, et la compétition internationale qui domine en matière d’économie et de croissance. Les pays émergents et les pays du sud sont donc restés méfiants concernant les intentions des pays industrialisés. La gouvernance mondiale n’est pas pour demain.

Quel bilan tirer du sommet pour le moment?
L.R. –
C’est un succès dans une certaine mesure: où tous les pays sont là, ce qui témoigne d’une prise de conscience globale. C’est un pas de plus par rapport à Kyoto. Mais c’est un échec, car on reporte à plus tard les décisions concrètes. C’est difficile de faire fonctionner un système économique fondé sur le dumping et des engagements forts et de long terme sur le climat. Il faut traiter en même temps la question économique.

Quel jugement porter sur la politique de la France?
L.R. –
Jean-Louis Borloo a déployé énormément d’énergie pour jeter des ponts avec les pays du sud. Mais les initiatives de franc-tireur de la France n’ont pas pesé dans les négociations. On a l’impression que les initiatives de la France étaient tournées vers l’opinion publique française.

Cette entrée a été postée dans Ecologie. Mettre en favoris le permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*