Un baisse du chômage en trompe l’oeil

Baisse du chômage : les raisons de faire la fine bouche

Guillaume Duval
Article Web – 29 avril 2011
 
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Il faut changer de modèle !

Malgré la légère baisse du nombre de chômeurs en catégorie A (qui n’ont pas travaillé du tout au cours du mois), les chiffres du chômage montrent une nouvelle augmentation du nombre total des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi, ainsi qu’une baisse du taux d’activité des jeunes et une hausse inquiétante des chômeurs de longue durée.

 

Le Ministère du Travail vient de publier les chiffres du chômage pour le mois de mars 2011. Ils font apparaître, pour le troisième mois consécutif, une baisse du nombre des chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégorie A (ceux qui n’ont pas travaillé du tout pendant le mois). Avec 21 100 personnes en moins en un mois, cette baisse est de 42 500 depuis décembre 2010, – 1,6 %. Enfin, une bonne nouvelle alors que le chômage avait connu une remontée sensible tout au long du second semestre 2010. Cette appréciation optimiste doit cependant être tempérée au vu du détail des chiffres.

 

Tout d’abord le nombre des chômeurs inscrits à Pôle emploi en catégories B et C (ceux qui ont travaillé quelques heures dans le mois) continue, lui, sa progression rapide, + 25 800 au mois de mars. Ce qui fait que le nombre total des demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi est toujours en progression. C’est probablement le signe que la tendance marquée observée l’an dernier se poursuit : quand il y a création d’emplois, il s’agit d’emplois précaires et intermittents, principalement sous la forme de postes d’intérimaires. Autre sujet d’inquiétude : le nombre de personnes inscrites en catégorie D et E (chômeurs en formation ou en emplois aidés) a baissé par contre de 6 800 personnes en mars. Autrement dit malgré tous les beaux discours sur la hausse des emplois aidés, ce qu’on constate sur le terrain pour l’instant c’est plutôt une diminution de leur nombre…

 

Si on va plus loin dans le détail, on constate que la baisse du chômage se concentre surtout sur les moins de 25 ans pour qui elle est quasiment continue depuis le début de 2010. C’est a priori évidemment une excellente nouvelle que les jeunes soient les premiers à bénéficier de la reprise après avoir été les premiers à subir les effets de la crise. Les résultats de l’enquête emploi menée chaque trimestre par l’Insee, incitent cependant à la plus grande prudence dans l’analyse de cette baisse. La dernière enquête en date, concernant le 4ème trimestre 2010, avait confirmé en effet une tendance inquiétante : la baisse du chômage des jeunes ne s’explique pas par un développement de l’emploi – entre mi 2009 et fin 2010 la proportion des 15-24 ans en emploi a au contraire baissé de 0,8 points de pourcentage – mais par un recul plus important encore de leurs taux d’activité : la proportion des 15-24 ans qui a ou cherche un emploi a diminué en un an et demi de 1,7 points de pourcentage. C’est, selon toute vraisemblance, le résultat du découragement de jeunes qui ne tentent même plus leur chance sur un marché du travail archibouché et ne s’inscrivent pas à Pôle emploi dans la mesure où, de toutes façons, ils n’ont droit à aucune indemnité. D’où, malgré le recul de l’emploi, une baisse sensible de la proportion des jeunes chômeurs. Si cette tendance s’est poursuivie au premier trimestre 2011, la baisse constatée du chômage des jeunes ne serait donc pas (du tout) le signal positif qu’on imagine…

 

Parallèlement on constate par contre une montée continue et ininterrompue du chômage des plus de 50 ans : ils sont désormais 770 000 à être inscrits à Pôle emploi dans les catégories A, B et C. C’est à dire 258 000 de plus qu’en juin 2008, avant la chute de Lehman Brothers, soit une hausse de 50 %, contre une moyenne de 32 % pour l’ensemble des chômeurs : ce sont désormais très clairement les seniors qui sont les principales victimes de la crise. Un mouvement qui devrait encore s’accentuer avec l’entrée en vigueur de la réforme des retraites.

 

On peut faire, malheureusement la même observation en ce qui concerne les chômeurs de longue durée. Ils sont désormais 1 531 000 à être inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, soit 556 000 de plus qu’en juin 2008, en hausse de 57 %. Quand, dans le même temps, le nombre de ceux qui sont chômeurs depuis moins d’un an n’a augmenté « que » de 426 000, soit une hausse de 20 %. Il n’y avait déjà qu’une petite moitié des chômeurs inscrits à Pôle emploi qui était indemnisée, mais avec le gonflement ininterrompu des chômeurs de longue durée, le nombre de celles et ceux qui risquent de basculer cette année dans la grande pauvreté va probablement d’être considérable…

 

Enfin, on observe une dernière tendance inquiétante : la crise avait paradoxalement ramené un peu d’égalité hommes-femmes en matière de chômage. En effet le bâtiment et l’industrie, majoritairement masculins avaient été les secteurs les plus touchés. Si bien qu’en aout 2010 on avait, pour la première fois depuis qu’on décompte les chômeurs, atteint une stricte égalité entre le nombre des hommes et celui des femmes inscrits à Pôle emploi en catégories A, B ou C. Mais depuis, l’écart se creuse de nouveau sensiblement au détriment des femmes : depuis aout dernier, le nombre des chômeuses s’est accru de 64 000 personnes quand celui des chômeurs n’a progressé « que » de 6 000. C’est probablement un des premiers effets sensibles sur le marché du travail de la rigueur budgétaire qui touche surtout l’emploi public, le secteur associatif, l’action sanitaire et le social, domaines où l’emploi féminin domine largement.  

Bref, au-delà de la satisfaction de voir enfin le nombre des chômeurs cesser de s’accroître chaque mois, les sujets d’inquiétude ne manquent pas quand on observe le détail des chiffres.

Guillaume Duval
Article Web – 29 avril 2011
 
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Attention danger sur la croissance verte

Par Béatrice Mathieu – publié le 28/04/2011 à 09:39

Pour la première fois, les filières vertes ont détruit davantage d’emplois qu’elles n’en ont créés. Principale cause: l’effondrement de l’activité dans le photovoltaïque.

La croissance verte est en mal d’emplois. En mars, les filières vertes ont détruit davantage de postes qu’elles n’en ont créés. Et ce pour la première fois depuis 2009, si l’on en croit les derniers chiffres de l’Observatoire de l’Investissement Trendeo. 173 emplois ont donc disparu dans ces secteurs en mars: un chiffre certes encore mince mais qui témoigne d’un net revirement de tendance.

Depuis le début de la décennie, les filières des énergies renouvelables, des biocarburants, de l’éco-construction ou des véhicules propres étaient pourtant de gros pourvoyeurs d’emplois. Las, la dynamique de créations de postes s’est nettement estompée depuis la crise et les dégraissages sont désormais légions.

« Cet effondrement intervient à contresens du mouvement d’ensemble de reprise des créations de postes, notamment dans les secteurs traditionnels de l’industrie », analyse David Cousquer, le fondateur de Trendeo. La faute notamment au photovoltaïque frappé de plein fouet par la réduction des tarifs de rachat d’électricité solaire qui a nettement freiné le développement de la filière.

L’association Enerplan, qui représente les professionnels de l’industrie solaire estime que près de 25 000 emplois sont aujourd’hui menacées en France. Après les coups de frein dans l’éolien et le solaire, les filières vertes manquent de nouveaux relais de croissance. « Seules les activités de recyclage et de dépollution sont encore créatrices d’emplois Mais ce sont surtout des projet d’exploitation et non de production de matériel. Les gains espérés en terme de créations de postes sont donc plus faibles », souligne David Cousquer.

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Antoine Ouvrard , pianiste, le 6 mai à Pouzauges.

   Bach, Chopin, Debussy, Schoenberg, Liszt

Antoine Ouvrard
Musique
vendredi 06 mai 2011 à 20h45 – Chez Marie-Jo et Michel Pavageau – (Sur la route de Saint-Mesmin à Pouzauges)
Réservation : 02 51 91 27 37
lachmi@artsmetiss.com (10.00 € / 8.00 €*)

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2012 : des primaires pour toute la gauche

 

Par SUSAN GEORGE Ecrivain, STÉPHANE HESSEL Ambassadeur de France, corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme., PIERRE KHALFA Syndicaliste, WILLY PELLETIER Sociologue, PATRICK VIVERET philosophe

A près de 20%, nous appelons à une insurrection civique contre le Front national et ses alliés de rencontre. La situation est extraordinaire. Le microcosme politique suit son cours ordinaire réduit souvent, hélas, au choc des ambitions personnelles, des carrières, des concurrences stériles, déjà vues. Ce n’est pas à la hauteur. Nos engagements diffèrent. Certains votent socialistes, d’autres écologistes, communistes, NPA. Certains dirent «oui» au traité instituant la Communauté européenne, d’autres «non». Certains viennent de la deuxième gauche, d’autres s’y opposèrent. Le passé doit être dépassé.

Le vote FN augmentera si ne sont pas traitées ses causes : le chômage de longue durée, la réclusion en HLM délabrées, les fins de mois qu’on ne boucle plus, l’échec scolaire, l’impossibilité d’échapper à une condition plus dégradée qu’hier qui avive la guerre des pauvres contre de plus pauvres qu’eux. Rien ne se fera sans déplacer vers les salaires et les services publics la richesse produite détournée vers les profits et le privé.

Les forces de transformation écologiques, sociales, politiques doivent, avant 2012, prioritairement redonner espoir aux milieux populaires. Elles ne le feront et ne feront, par là, reculer le FN, qu’en se dépassant toutes, grâce à un dispositif inédit. Il ne s’agit pas de gommer les différences voire les vraies divergences. Il s’agit de les traiter afin qu’elles ne deviennent pas destructrices. La situation l’exige.

Nous suggérons une procédure pour éviter à la gauche tout risque de ne pas figurer au second tour en 2012. Il s’agirait d’organiser après le choix de leurs candidats et programmes par les différentes familles socialiste, écologiste, communiste, alternatives… une série de débats communs destinés à cerner les objets d’accord et de désaccords. Puis d’offrir la possibilité lors de «primaires communes» sur le contenu des programmes, en décembre, à tout le peuple de gauche de hiérarchiser les propositions qui vaudraient programme d’action sur le quinquennat. Il faudrait ensuite choisir une procédure pour désigner un ou une candidat(e). Mais d’abord le programme décidé tous ensemble puis le ou la candidat(e) qui le porte !

Il y a, en même temps, ce qui dépend de nous. Directement. Sans déléguer. Pour faire reculer la peur et l’isolement qui alimentent le FN, nous allons partout en France, chaque semaine, monter des apéros «pour vivre ensemble», des banquets pour vivre ensemble, des barbecues pour vivre ensemble. C’est «cucul» ? La peur vient de l’éloignement. Quand nous sommes au plus près, partageant soucis et craintes, nous nous sentons vite semblables et s’évanouissent les fantasmes. Il s’agit banalement de «prendre un pot». Chacun de ces pots sera pour le FN, un pot de départ.

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Mieux vaut être riche …

 

Nouvel Obs. 24/04/11 Thierry Philippon

Outre les 300000 contribuables exonérés d’ISF, les plus grands bénéficiaires de la réforme sont… les très gros patrimoines.

La suppression de l’impôt sur la fortune ? Enterrée. La disparition du bouclier fiscal ? Entérinée. Le gouvernement a décidé de ne pas jouer au grand chamboule-tout avec la fiscalité du patrimoine, mais de proposer un toilettage de l’ISF, qui devrait être voté en juin. Nicolas Sarkozy a dû renoncer à abroger cet impôt : « Il n’y aurait pas eu de majorité au sein de la majorité pour le voter », assure le député du Nouveau Centre Charles de Courson. Cette réforme a minima n’est pourtant pas une mauvaise nouvelle pour les détenteurs de grandes fortunes, comme le montrent les calculs du cabinet Landwell.

Le projet consiste à relever de 800 000 à 1,3 million d’euros la première tranche de l’ISF, avec un taux de 0,25% : cela permet d’exonérer 300 000 contribuables sur 560 000. Puis, le schéma retenu crée une seconde tranche à partir de 3 millions d’euros avec un taux de 0,5% seulement : cela permet de réduire fortement l’ISF, puisque le taux maximum précédent s’élevait à 1,8%. La baisse d’impôt est d’autant plus forte que l’on dispose d’un patrimoine important : elle atteint 38% pour une fortune de 2 millions et 69% pour une de 50 millions !  « Les plus riches vont bénéficier de cette diminution pour un montant supérieur à ce qu’ils touchaient au titre du bouclier fiscal. On va rembourser encore plus d’argent à Madame Bettencourt ! », proteste le député PS Michel Sapin. D’ailleurs, cette diminution du barème amputera les recettes de l’Etat de 1,6 milliard d’euros.

Cette perte est compensée de deux façons : la disparition du bouclier fiscal, qui fait rentrer dans les caisses 700 millions d’euros, et un relèvement de la fiscalité sur les successions pour 900 millions d’euros. « On allège l’impôt sur la détention du patrimoine et on alourdit celle sur sa transmission », explique un conseiller de François Baroin, le ministre du Budget. Trois mesures au menu : les deux tranches supérieures du barème sont relevées à 40% et 45%, le délai entre deux donations en franchise d’impôt – dans la limite de 159000 euros par enfant remonte de six à dix ans, et les abattements pour donations sont supprimés.

La grande nouveauté du projet, c’est la création d’une « taxe de sortie » pour « punir » les contribuables qui souhaitent partir à l’étranger avec leurs capitaux.  » On s’est inspiré du système allemand, explique-t-on à Bercy. Un contribuable sera imposé au taux de 19% sur les plus-values réalisées si la cession de ses titres intervient moins de huit ans après la sortie du territoire. » L’élaboration de cette réforme a été suivie de très près par la majorité, inquiète des projets initiaux de Sarkozy. Le ministre du Budget a organisé sept séances de travail avec un groupe de quinze parlementaires, et François Fillon une à Matignon. Reste un sujet qui fâche : la création d’une tranche supplémentaire d’impôt sur le revenu à 45%. Sarkozy la refuse ? Pas de quoi décourager Pierre Méhaignerie, le président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, soutenu par une partie des élus UMP : « Dans la situation actuelle, on pourrait créer une contribution exceptionnelle pour les gros revenus supérieurs à 200 000 euros.  » Si c’est exceptionnel…

La suppression de l’impôt sur la fortune ? Enterrée. La disparition du bouclier fiscal ? Entérinée. Le gouvernement a décidé de ne pas jouer au grand chamboule-tout avec la fiscalité du patrimoine, mais de proposer un toilettage de l’ISF, qui devrait être voté en juin. Nicolas Sarkozy a dû renoncer à abroger cet impôt : « Il n’y aurait pas eu de majorité au sein de la majorité pour le voter », assure le député du Nouveau Centre Charles de Courson. Cette réforme a minima n’est pourtant pas une mauvaise nouvelle pour les détenteurs de grandes fortunes, comme le montrent les calculs du cabinet Landwell.

Le projet consiste à relever de 800 000 à 1,3 million d’euros la première tranche de l’ISF, avec un taux de 0,25% : cela permet d’exonérer 300 000 contribuables sur 560 000. Puis, le schéma retenu crée une seconde tranche à partir de 3 millions d’euros avec un taux de 0,5% seulement : cela permet de réduire fortement l’ISF, puisque le taux maximum précédent s’élevait à 1,8%. La baisse d’impôt est d’autant plus forte que l’on dispose d’un patrimoine important : elle atteint 38% pour une fortune de 2 millions et 69% pour une de 50 millions !  » Les plus riches vont bénéficier de cette diminution pour un montant supérieur à ce qu’ils touchaient au titre du bouclier fiscal. On va rembourser encore plus d’argent à Madame Bettencourt ! « , proteste le député PS Michel Sapin. D’ailleurs, cette diminution du barème amputera les recettes de l’Etat de 1,6 milliard d’euros.

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Schengen pascal

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Claude Burneau un poète du pays de Pouzauges

 les pieds dans le ruisseau, Claude Burneau nous invite à écouter le silence…

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-3-

Ne crains pas le silence.

Il est plein.

Du babil des grillons

D’un envol de pigeons

D’un mulot qui s’enfuit

De guêpes sur des fruits

D’un tracteur dans un champ

Des caprices du vent

D’un ruisseau qui s’entête

De mille vies discrètes.
Ne crains pas le silence.

Habite-le.

              Claude BURNEAU

                                                        (inédit)

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Sarko et ses 1000€ font pchitt!! les salariés apprécieront!!

Editorial LE MONDE

Nicolas Sarkozy, l’improvisation en prime

 

Le déplacement effectué par Nicolas Sarkozy dans les Ardennes, mardi 19 avril, est un cas d’école. Il offre un parfait condensé de la personnalité et de la méthode du président de la République. Cela peut se résumer ainsi : culot + volontarisme + improvisation = déception.

Du culot – du courage, corrigeront ses partisans -, il en fallait au chef de l’Etat pour retourner sur ces terres ouvrières où il avait lancé sa campagne victorieuse, en décembre 2006. C’est là qu’il avait étrenné son fameux  » Travailler plus pour gagner plus «  et s’était présenté comme le futur  » président du pouvoir d’achat «  ; là aussi qu’il avait pris l’engagement de ne pas  » trahir «  ses promesses.

Quatre ans et quelques mois plus tard, chacun sait ce qu’il en est : le chômage touche désormais 9,6 % de la population active, tandis que le pouvoir d’achat stagne ou à peu près. Selon l’Insee, il a progressé en moyenne de 1,6 % en 2009 et de 1,2 % en 2010, mais ces chiffres ne prennent pas en compte les dépenses contraintes (gaz, électricité, loyers, alimentation…) qui s’envolent et rognent les marges de manoeuvre réelles des ménages. La faute à la crise ? Pour une bonne part, indéniablement. Mais Martine Aubry, la première secrétaire du Parti socialiste, a cruellement résumé le sentiment général : Nicolas Sarkozy  » restera le président du payer plus et gagner moins « .

Le volontarisme ? Contre vents et marées, le chef de l’Etat entend toujours en faire sa marque de fabrique. Le 7 avril, il avait plaidé pour un partage plus juste de la valeur ajoutée et lancé l’idée d’une prime accordée aux salariés des entreprises qui versent des dividendes à leurs actionnaires.

Le patronat s’est insurgé contre cette atteinte à sa liberté. Les syndicats ont dénoncé ce gadget qui esquive une véritable politique salariale et menace de creuser un peu plus les inégalités entre grandes entreprises et PME ou entre le secteur privé et la fonction publique, cette année encore à la diète. Nicolas Sarkozy a balayé ces critiques. Opposant sa  » détermination «  à  » l’immobilisme «  des partenaires sociaux, il a fièrement martelé, mardi :  » Je ne céderai pas. « 

La posture est méritoire. Mais elle conduit, comme toujours, le président à prendre immédiatement son désir pour la réalité et à engager des initiatives brouillonnes. A peine l’idée de cette prime lancée, le ministre du budget, François Baroin, a précisé qu’elle serait d’au moins 1 000 euros et celui du travail, Xavier Bertrand, qu’elle serait obligatoire.

Dans les Ardennes, Nicolas Sarkozy a sérieusement édulcoré les choses : les 1 000 euros ont disparu et la contrainte aussi ; uniquement en cas de  » forte augmentation «  des dividendes (et non plus seulement de leur versement), les entreprises auront l’obligation de négocier avec les syndicats, mais pas d’obligation de résultat.

Dans ces conditions, la déception – quand ce n’est pas la colère – est inévitable. C’est vrai de ce projet de  » prime « , de plus en plus évanescent. C’est vrai de l’action menée depuis quatre ans. Et l’on peut douter que le culot et le volontarisme suffisent à ressusciter, d’ici à 2012, le temps des illusions lyriques.

  

Lire page 12

© Le Monde
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G-20 : La France ou l’histoire de l’arroseur arrosé

G-20 : La France ou l’histoire de l’arroseur arrosé

Source : La Tribune.fr – 16/04/2011 | 15:47 - 

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En raison de ses déficits financiers, l’économie française sera mise en examen, avec celles de six autres pays, et surveiller les efforts entrepris pour réduire les risques qu’elles font courir à l’économie. Ainsi en ont décidé les pays membres du G-20 réunis à Washington.

Bien qu’aucune liste officielle n’ait été publiée à l’issue de la réunion à Washington des pays membres du G-20, la France fait partie d’une série de sept pays qui seront l’objet d’« examens approfondis ». C’est Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, qui a apporté elle-même cette précision lors d’une conférence de presse. Selon d’autres sources, les six autres pays sont : les Etats-Unis, la Chine, l’Inde, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Japon, en raison estiment les experts, du poids de leurs économies dans l’économie mondiale. « Sept pays, clairement ceux qui présentent le plus de risques systémiques (…) sont inclus dans cet exercice », a d’ailleurs précisé Christine Lagarde.

On se souvient que lors de la réunion qui s’était tenue à Paris en février, la France avait été particulièrement à la manoeuvre pour que le G20 définisse une liste d’indicateurs économiques et financiers afin de montrer que les déséquilibres financiers de certains pays mettaient en péril croissant l’économie mondiale. En fait, étaient clairement visés la Chine et ses énormes excédents commerciaux, et les Etats-Unis et leur gigantesque déficit budgétaire.

Mais alors que, au départ, la France n’était pas particulièrement mise en cause, elle devra donc se soumettre à la mise en « examen approfondi ». Pourquoi ? Parce que parmi ces nouvelles « lignes directrices indicatives » pour évaluer quels pays contribuent le plus aux déséquilibres mondiaux, l’une des conditions est de peser au moins 5% du produit intérieur de ce groupe de pays riches et émergents. Ce qui sans conteste fait penser que ce sont des Français, les frères Lumière, qui ont été les premiers à populariser au cinéma… les arroseurs arrosés.

L’accord trouvé vendredi à Washington porte sur les indicateurs dont le principe avait été approuvé lors de cette réunion de Paris : la dette et les déficits publics, l’épargne privée et l’emprunt, mais également les balances commerciales et les autres composantes de la balance des paiements de tel ou tel pays. Mais les monnaies et les réserves ne sont pas comprises dans les indicateurs eux-mêmes. Explication : la Chine avait déjà dit son opposition à une telle solution lors du G20 de février.

Selon Christine Lagarde, les lignes directrices encadrant les mises en examens prévues sur les économies des sept pays concernés laissent peu de place à la subjectivité. Les estimations comprennent notamment :
- Une évaluation des déséquilibres d’un pays donné en empruntant des modèles économiques propres à ce pays.
- Des comparaisons des déséquilibres entre pays semblables entre 1990 et 2004.
- Des comparaisons des déséquilibres entre pays membres du G20 pris dans son ensemble de 1990 et 2004.

Selon un délégué du G- 20, la période s’étendant de 1990 à 2004 a été choisie parce qu’elle précède la formation des grands déséquilibres commerciaux qui ont participé au déclenchement de la crise financière…. Ca tombe bien, aucun des gouvernements aujourd’hui en place n’était alors aux affaires. Par ailleurs, le G-20 devrait être capable sous peu de désigner officiellement les pays qui feront l’objet d’une deuxième série d’analyses qui pourraient inclure la détermination des devises sous évaluées et l’accumulation excessive de réserves. Pour paraphraser un ancien Premier ministre français, non seulement la route est longue, mais la pente est pour le moins rude quand on veut mettre en cause la Chine et les Etats-Unis.

 

latribune.fr – 16/04/2011, 15:47 

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Il fallait soutenir Ouattara, pour que la démocratie ait une chance en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique de l’ouest. Condition première à tout développement!

Ouattara se donne deux mois pour pacifier le pays

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 13.04.11 | 06h35  •  Mis à jour le 13.04.11 | 20h20
 

Alassane Ouattara, lors d'une conférence de presse, le 13 avril 2011.

Alassane Ouattara, lors d’une conférence de presse, le 13 avril 2011.AFP/PHILIPPE DESMAZES

 

« Réconciliation », « retour à l’ordre et au calme », « espérance » : les premiers mots d’Alassane Ouattara, lundi soir, après l’arrestation de son rival, Laurent Gbagbo, qui refusait depuis quatre mois de quitter le pouvoir, ont exprimé sa volonté « de tourner une page ». Mercredi 13 avril, lors de sa première conférence de presse, le nouveau président de la Côte d’Ivoire s’est donné « un à deux mois » pour obtenir la « pacification totale » du pays, posant comme priorité de « débarrasser Abidjan et le reste du pays des miliciens et mercenaires ». Il a appelé ces derniers à déposer les armes immédiatement.

« J’ai demandé qu’un accent particulier soit mis sur la détection des armes à Abidjan et dans les villages à l’intérieur, partout en Côte d’Ivoire, et que ces armes soient ramenées et brûlées », a ajouté Alassane Ouattara, indiquant que ces opérations se feraient en liaison avec celles qu’il a désigné comme « les forces impartiales » : la mission de l’ONU (Onuci) et la force française Licorne. « Une fois que nous aurons réussi ces opérations, pour lesquelles je me donne un à deux mois, vous verrez que la pacification sera totale », a-t-il assuré.

Le nouveau président a également affiché sa détermination à éviter toute justice de vainqueur et à ne pas épargner ses partisans. « Tous les soldats des Forces républicaines [pro-Ouattara] qui seront identifiés comme ayant été des pilleurs seront radiés des Forces républicaines, et de manière immédiate », a-t-il ainsi averti, alors que ses éléments sont accusés de nombreux pillages à Abidjan.

POUR UNE ENQUÊTE DE LA CPI SUR LES MASSACRES

Il a par ailleurs annoncé qu’il allait « demander au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d’engager des investigations » sur les massacres commis dans l’ouest du pays. Le 1er avril, le comité international de la Croix-Rouge estimait qu’au moins 800 personnes avaient été tuées dans la seule ville de Duékoué, les 29 et 30 mars. La plupart de ces crimes auraient, selon l’ONU, été commis par des partisans d’Alassane Ouattara. « Ces massacres sont inadmissibles, indignes (…), je suis révolté », a commenté ce dernier avec émotion. « Je ferai tout pour que ces condamnations soient un exemple, non seulement pour les Ivoiriens, mais aussi pour l’Afrique et le monde entier », a promis le chef de l’Etat ivoirien, soulignant qu’il souhaitait que ces investigations débutent « le plus rapidement possible ».

Après l’annonce de la mort, dans des circonstances encore troubles, de Désiré Tagro, ex-ministre de l’intérieur et homme à poigne du régime de l’ancien président, qui avait été arrêté à l’Hôtel du Golf lundi soir, Alassane Ouattara a assuré que Laurent Gbagbo était en lieu sûr : « M. Laurent Gbagbo est un ancien chef d’Etat, on doit le traiter avec considération. (…) À l’heure où je vous parle, M. Laurent Gbagbo n’est plus à l’Hôtel du Golf. Il est en Côte d’Ivoire, bien sécurisé » a-t-il déclaré, sans révéler la localisation du président déchu. « L’hélicoptère transportant Laurent Gbagbo a décollé à 12 h 40 [heure locale et GMT, 14 h 40 à Paris], direction le nord du pays », a précisé un porte-parole de l’Onuci.

Le boulevard Valéry Giscard d'Estaing et ses magasins pillés, Abidjan, le 13 avril 2011.

Le boulevard Valéry Giscard d’Estaing et ses magasins pillés, Abidjan, le 13 avril 2011. AFP/SIA KAMBOU

 

Alassane Ouattara, qui a promis de s’installer au palais présidentiel « dans les tout prochains jours », a pris les rênes d’un pays à la dérive avec la mission immense de réconcilier une nation divisée et de rétablir la paix et la sécurité. Mais la tâche s’annonce difficile.

Mardi, la capitale économique, Abidjan, était encore le théâtre de pillages. Dans certains quartiers, des coups de feu se faisaient entendre et les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) avouaient être débordées. La situation humanitaire est également très difficile dans l’intérieur du pays, notamment dans l’Ouest : plusieurs ONG s’inquiètent de la détérioration des conditions humanitaires dans la mission catholique de Duékoué, où près de 30 000 personnes ont trouvé refuge depuis les massacres.

« COUP D’ETAT »

Les tensions politiques perdurent également : Pascal Affi N’Guessan, chef du Front populaire ivorien (FPI), parti de Laurent Gbagbo, a condamné l’arrestation de l’ex-président comme une opération « qui vise à installer par la force M. Ouattara et qui ne règle aucun problème, ni celui de la légitimité, ni celui de la légalité constitutionnelle (…) Le pays est coupé en deux, on ne peut pas contraindre par la force les partisans de Laurent Gbagbo à soutenir M. Ouattara ».

Le chef du Front populaire ivorien (FPI), parti de l'ex chef d'Etat, Pascal Affi N'Guessan, a dénoncé "un coup d'Etat perpétré par l'armée française".

Le chef du Front populaire ivorien (FPI), parti de l’ex chef d’Etat, Pascal Affi N’Guessan, a dénoncé « un coup d’Etat perpétré par l’armée française ».AP/Rebecca Blackwell

 

Pour les partisans de Gbabgo, Ouattara reste, comme durant la campagne, le candidat de l’étranger. Depuis l’arrestation de leur chef, ils maintiennent d’ailleurs que l’ex-président n’a pas été arrêté par les Forces républicaines d’Alassane Ouattara comme l’assurent Paris et l’ONU, mais par des militaires français. Mercredi, Pascal Affi N’Guessan a ainsi dénoncé « un coup d’Etat perpétré par l’armée française » et la fille de Laurent Gbagbo a saisi cinq avocats français (Jacques Vergès, Roland Dumas, Gilbert Collard, François Epoma et Habiba Touré) pour étudier la « légalité » de l’arrestation de ses parents ainsi que celle de l’intervention militaire française en Côte d’Ivoire.

PATROUILLES DE GENDARMERIE IVOIRIENNES ET FRANÇAISES

Une nouvelle fois, le ministre de la défense, Gérard Longuet, a affirmé mercredi que les forces françaises n’étaient « pas allées au-delà du mandat » de l’ONU en Côte d’Ivoire. « Nous sommes intervenus dans le cadre du mandat et sur des demandes expresses » du secrétaire général des Nations-Unies, a-t-il déclaré devant les députés. « Je confirme que dans la résidence présidentielle où la reddition de Laurent Gbagbo a été reçue, il n’y avait pas un soldat français ». En conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a pour sa part estimé que Paris avait « fait son devoir pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire ».

Pour rétablir la sécurité à Abidjan, Gérard Longuet a par ailleurs annoncé mercredi que « des patrouilles de gendarmerie ivoiriennes et françaises » allaient circuler dans Abidjan pour montrer qu’un « Etat de droit se met en place », sans préciser quand elles débuteraient. Le ministre a rappelé que la présence militaire française en Côte d’Ivoire sera rapidement réduite à 980 hommes (contre près de 1 700 actuellement), puis se limitera à des unités de coopération et de formation.

Seul signe important d’apaisement depuis l’arrestation du président sortant, l’appel lancé par le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, ancien proche de Gbagbo, à toutes les forces de sécurité et de police au soutien d’Alassane Ouattara. Lors d’une étonnante émission en direct à la télévision TCI, le général Philippe Mangou a prêté allégeance au nouveau président et a appelé les policiers, les gendarmes et les soldats à reprendre le travail dès mercredi et à se mettre à la disposition de M. Ouattara.

 

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